Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 13:27

La formation des enseignants

Qui devient enseignant?

parcours à effectuer

Avant 1989, date maudite de la création des IUFM dont je parlerai ultérieurement, les enseignants étaient recrutés avec le bac en poche et formés dans les Ecoles Normales d'Instituteurs. A partir de 1979, ces E.N.I. forment les enseignants en deux ans après le baccalauréat.
Aujourd'hui, on demande aux intéressés d'obtenir une licence, soit un bac + 3. Ensuite, il faut obtenir le CAPE (Certificat d'aptitude au Professorat des Ecoles). Deux solutions:
  • une année dite préparatoire à l'IUFM. Les places étant limitées, les établissements organisent des textes d'admission ou bien sélectionnent sur dossier.
  • une préparation du concours en candidat libre
Enfin, le détenteur du CAPE effectuera la seconde année d'IUFM, durant laquelle il sera rémunéré mais considéré comme stagiaire car, non le parcours du combattant n'est pas fini!, il faut encore obtenir la sacro-sainte "titularisation".

Ce que j'en pense


Recruter à bac + 3, c'est accueillir des universitaires; autrement dit des gens qui ont montré leur capacité à étudier un domaine en particulier, qui ont fréquenté à la faculté des étudiants proches d'eux, qui ont travaillé avec des enseignants-chercheurs. dans tous les cas, ces trois ans d'après bac me semblent très loin de ce qu'on nomme "la réalité du terrain" où il faudra:
  • enseigner tous les domaines (du français à l'histoire en passant par l'informatique et l'initiation au développement durable)
  • établir une relation avec des enfants de 2 ans à 16 ans (j'aborderai le cas des élèves plus âgés dans un autre chapitre), de niveaux et de milieux hétérogènes
  • travailler avec des collègues et des supérieurs hiérarchiques
Je doute fort que l'atmosphère de "dilettantisme intellectuel" de l'université permette à notre candidat IUFM de supporter la suite...Je pense que les trois années de licence éloignent du terrain.

L'IUFM

Développé, ce sigle donne le présomptueux: Institut Universitaire de Formation des Maîtres.
Pour ma part, il me vient plutôt à l'esprit: Institut Universitaire de "Formation" Médiocre.
On m'accusera peut-être de mauvaise foi, ou bien de négativisme. Je dis qu'il s'agit de cynisme: je ne fais qu'exprimer sans ménagement ce que pense la majorité des gens qui sont ou furent à l'IUFM. Pourquoi nuancer mon propos en parlant de "majorité"? A bien y réfléchir, je ne connais pas une personne satisfaite de l'IUFM.


ce qu'on y fait


  • des stages en école
  • un mémoire professionnel
  • des cours sur place: français/maths/histoire-géographie/SVT/ EPS/musique/langue vivante/philosophie/informatique

Les étudiants sont censés disposer des connaissances de base dans toutes ces matières. il s'agit donc de cours de didactique (tout du moins en théorie...).

Pour ma part, j'ai eu le sentiment que tous les cours étaient élaborés sur le même modèle:

  1. Proposition d'un thème de travail. Exemple: l'électricité
  2. conceptions initiales. Très à la mode dans l'éducation nationale: il s'agit de faire le point sur ce que les apprenant savent déjà ou pensent savoir sur le sujet. Ici, "Qu'est-ce que les élèves de tel niveau ont comme connaissance sur l'électricité?"
  3. Mise en groupe. "Faites des groupes de  4 et construisez une séance sur l'électricité".
  4. Mise en commun des travaux. Un rapporteur par groupe.
J'ai vécu, avec mes camarades du cru 2004-2005 des dizaines de cours bâtis sur ce modèle. Je crois donc pouvoir en dégager les inconvénients et heu...comment dire...les absurdités (je sais: retour au cynisme mais, vraiment, aucun autre terme ne me paraissait convenir):

  1. On ne sait pas pourquoi le thème a été choisi par l'enseignant. Il m'est arrivé à plusieurs reprises de constater que le formateur lançait un sujet au hasard.
  2. En tant que stagiaires, nous ne sommes pas censés connaître les conceptions initiales des enfants. On peut certes en deviner certaines. il est évident qu'un enseignant depuis 10 ans en classe de CE2 est capable d'énoncer par avance ce que les "conceptions initiales" de ses élèves. On me répondra:" il faut anticiper les réactions des enfants." . Tout à fait...quand on a une classe!
  3. Là encore, nous sommes censés NE PAS savoir construire  de séance, puisque, justement, nous sommes là pour apprendre à la faire (entre autre). On pourrait tout aussi bien dire à quelqu'un: fais-moi un cake au saumon, je te donnerai la recette après!
  4. Cette étape est fastidieuse: on écoute à peu près le groupe qui passe en premier, moins celui qui passe en second puisque, naturellement, il y aura beaucoup de similitudes avec le travail du groupe 1. Evidemment, le dernier groupe n'a plus rien à ajouter; les stagiaires des autres groupes discutent de tout et de rien, mais surtout pas d'électricité.
  5. Stop! Problème! On ne trouvait pas de point numéro 5 dans la liste précédente! Oui. C'est que, voyez-vous, il me faut revenir sur la métaphore utilisée plus haut: "faites un cake au saumon. Je ne vous donnerai pas la recette après. Et oui! On entend régulièrement les formateurs préconiser une "synthèse" qui viendrait en toute logique juste après la "mise en commun", histoire de faire un bilan, de dégager le positif, le négatif, de...STOP! Non, on ne vous dira pas comment faire. On reste donc sur la production de son groupe qui, rappelons-le, ne sait pas construire une séance.

Ce que l'on n'y fait pas (et c'est bien dommage!)


  • apprendre à instaurer puis maintenir une relation de qualité avec l'élève (qu'il est 2 ou 16 ans)
  • enseigner des solutions possibles en cas d'élèves réticents, récalcitrants ou pire (je sais: "il n'y a pas de recette miracle". Cette phrase est la réponse des formateurs de l'IUFM à la question "Que faire si un élève...?". Il n'existe pas, il est vrai, de solution universelle. Je pense toutefois qu'il y a des choses qui peuvent dénouer les situations et également des "recettes" qui ne fonctionnent pas.
  • la découverte des cursus non ordinaires (CLIS/UPI/IME/IMPRo...). Résultat: les stagiaires ont des a priori sur ce type de poste. Comment, dès lors, faire une proposition de réorientation pour un enfant qui présenterait des difficultés? Sans connaissance du cursus spécialisé, l'enseignant n'a pas une vision complète du système éducatif français.
  • expliquer les actions concrètes et quotidiennes que l'enseignant sera amené à accomplir. (Que faire en cas d'enfant absent? Quels papiers réclamer aux parents en début d'année? Comment organiser une réunion enseignant/parents? Que faire en cas d'accident dans la cour de récréation?...)

Anecdotes personnelles (amusantes ou scandaleuses...à vous de juger!)

  • En cours d'anglais, nous chantions les textes destinés aux élèves. La formatrice se mettait face à nous et chantait avec une gestuelle fort heu...ridicule! Nous sortions d'une heure d'anglais avec une dizaine de polycopiés de chants.
  • Cours de maths de deux heures. Le prof, au début de la séance; "Je vous ai apporté des manuels de mathématiques. A vous de les évaluer". Je peux vous assurer que deux heures à feuilleter des bouquins de maths,cela semble long! Aurions-nous disposé d'une consigne précise (un tableau comparatif à remplir par exemple), la tâche eut paru plus productive. Le prof, lui, alternait déambulation parmi les stagiaires et position assise derrière son bureau. Tiens! C'est lui qui est devenu directeur de l'IUFM ai-je appris récemment!
  • cours de philo: au mois de mai, le formateur n'avait pas fini son "introduction au cours".
  • Discussion surprise entre deux coordonnateurs ZEP (dont la mission est donc de réfléchir à l'Education Prioritaire): " ces pauvres jeunes! C'est pas avec un module ZEP  de deux journées qu'ils apprendront quoi que soit!
             _ A l'IUFM non plus, avec les formateurs qu'on y trouve! Tu as entendu parlé de (PRENOM NOM)?. IL a été longtemps instit en CP: les gamins sortaient sans savoir lire. L'inspection l'a mis à l'IUFM!"
  • Une formatrice de français, travaillant à l'IUFM, dans le cadre de la fonction publique, donc, avec des stagiaires fonctionnaires, et élaborant des cours sur les élèves du public...scolarisait ses propres enfants...dans le privé!
  • discussion entre une inspectrice et moi-même:
MOI: "Mes élèves semblent venir en classe avec plaisir.
ELLE: Mais mademoiselle, ce n'est pas pour le plaisir qu'ils vont à l'école mais pour travailler. Je travaille avec des enseignants pas avec des animateurs de club med!"

Je pourrais en citer d'autres mais vous finiriez par ne plus me croire. La liste précédente doit sans doute paraître irréaliste et pourtant, tout est vrai! Personnellement, je trouve le dernier point particulièrement savoureux...Si vos enfants vont à l'école avec plaisir, méfiez-vous: ils ont probablement affaire à une mauvaise instit!

Conclusion


Stagiaire de provenance universitaire + cours théoriques (et inachevés la plupart du temps) = une méconnaissance totale de la réalité scolaire.
Voici comment l''exprime Philippe Meirieu:"Trop souvent, les IUFM n'ont fait que juxtaposer théorie et pratique. Ils doivent organiser une meilleure alternance. Dans l'éducation nationale, nous sommes en retard sur la formation d'adultes, nous avons tendance à reproduire des modèles scolaires infantilisants. Pour de futurs enseignants en formation, c'est intolérable. L'IUFM doit mieux prendre en compte les difficultés du métier réel (violence scolaire, incivilités) et ne pas vouloir former des enseignants pour des élèves idéaux, qui n'existent pas"

La surveillance des enseignants


Après les "élèves idéaux, qui n'existent pas", voici les enseignants idéaux qui n'existent pas non plus!
En seconde année d'IUFM, chacun se voit remettre un document intitulé: "référentiel des compétences du professeur des écoles". Pas la peine de complexer, contrairement à ce que dit le document en question, il est impossible d'atteindre un tel degré d'excellence.Voici, donc, le...

référentiel des compétences des professeurs des écoles

"Dix compétences professionnelles doivent être prises en compte dans la formation de tous les maîtres. Chacune met en jeu des connaissances, des capacités à les mettre en oeuvre et des attitudes professionnelles fondamentales. Elles sont toutes également indispensables.

1/ Agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable
Tout professeur contribue à la formation sociale et civique des élèves. En tant qu’agent de l’Etat, il fait preuve de conscience professionnelle et suit des principes déontologiques : il respecte et fait respecter la personne de chaque élève, il est attentif au projet de chacun ; il respecte et fait respecter la liberté d’opinion ; il est attentif à développer une attitude d’objectivité ; il connaît et fait respecter les principes de la laïcité, notamment la neutralité ; il veille à la confidentialité de certaines informations concernant les élèves et leurs familles. Il exerce sa liberté et sa responsabilité pédagogique dans le cadre des obligations réglementaires et des textes officiels ; il connaît les droits des fonctionnaires et en respecte les devoirs. L’éthique et la responsabilité du professeur fondent son exemplarité et
son autorité dans la classe et dans l’établissement.

Connaissances
Le professeur connaît :
- les valeurs de la République et les textes qui les fondent :
- liberté, égalité, fraternité ; laïcité ; refus de toutes les discriminations ;
- mixité ;
- égalité entre les hommes et les femmes ;
- les institutions (Etat et collectivités territoriales) qui définissent et mettent en oeuvre la politique éducative de la nation ;
- les mécanismes économiques et les règles qui organisent le monde du travail et de l’entreprise ;
- la politique éducative de la France, les grands traits de son histoire et ses enjeux actuels (stratégiques, politiques, économiques, sociaux) en comparaison avec d’autres pays européens ;
- les grands principes du droit de la fonction publique et le code de l’éducation :
- les lois et textes réglementaires en relation avec la profession exercée, les textes relatifs à la sécurité des élèves (obligations de surveillance par exemple) et à la sûreté (obligation de signalement par exemple) ;
- le système éducatif, ses acteurs et les dispositifs spécifiques (éducation prioritaire, etc.) ;
- la convention internationale des droits de l’enfant ;
- ses droits et recours face à une situation de menace ou de violence ;
- l’organisation administrative et budgétaire des écoles et des établissements publics locaux d’enseignement ;
- les règles de fonctionnement de l’école ou de l’établissement (règlement intérieur, aspects budgétaires et juridiques)
- les caractéristiques et les indicateurs de l’école ou de l’établissement d’exercice ;
- le projet de l’école ou de l’établissement d’exercice
- le rôle des différents conseils (conseil d’école, conseil des maîtres, conseil de cycle, d’une part, conseil d’administration, conseil pédagogique, conseil de classe, conseil de discipline, d’autre part).

Capacités
Le professeur est capable :
- d’utiliser ses connaissances sur l’évolution et le fonctionnement du service public d’éducation nationale pour recourir aux ressources offertes ;
- de se situer dans la hiérarchie de l’institution scolaire ;
- de participer à la vie de l’école ou de l’établissement ;
- de repérer les signes traduisant des difficultés spécifiques des élèves dans le domaine de la santé, des comportements à risques, de la grande pauvreté ou de la maltraitance ;
- de contribuer, en coopérant avec des partenaires internes ou externes à l’institution, à la résolution des difficultés spécifiques des élèves ;
- de se faire respecter et d’utiliser la sanction avec discernement et dans le respect du droit.

Attitudes
Agir de façon éthique et responsable conduit le professeur :
- à faire comprendre et partager les valeurs de la République ;
- à intégrer, dans l’exercice de sa fonction, ses connaissances sur les institutions, sur l’Etat (son organisation et son budget), sur ses devoirs de fonctionnaire ;
- à respecter dans sa pratique quotidienne les règles de déontologie liées à l’exercice du métier de professeur dans le cadre du service public d’éducation nationale ;
- à respecter les élèves et leurs parents ;
- à respecter et faire respecter le règlement intérieur, les chartes d’usage des ressources et des espaces communs ;
- à collaborer à la réalisation d’actions de partenariat engagées entre l’établissement et son environnement économique, social et culturel ;
- à prendre en compte la dimension civique de son enseignement.

2/ Maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer
Dans son usage de la langue française, tant à l’écrit qu’à l’oral, le professeur doit être exemplaire quelle que soit sa discipline.
Il est attentif à la qualité de la langue chez ses élèves. Qu’il présente des connaissances, fournisse des explications ou donne du travail,
il s’exprime avec clarté et précision, en tenant compte du niveau de ses élèves. Il sait décrire et expliquer simplement son enseignement à la diversité de ses interlocuteurs, en particulier les parents.

Connaissances
Tout professeur possède les connaissances attendues d’un diplômé de l’enseignement supérieur, dans la maîtrise de la langue écrite et orale (vocabulaire, grammaire, conjugaison, ponctuation, orthographe).
Le professeur des écoles connaît en outre :
- les mécanismes d’apprentissage du langage en maternelle et le développement des capacités d’expression orale tout au long de la
scolarité primaire ;
- les mécanismes d’apprentissage de la lecture et ses obstacles ;
- les méthodes d’enseignement de la lecture et de l’écriture ;
- les règles fondamentales de l’orthographe et de la grammaire.

Capacités
Le professeur est capable :
- de repérer les obstacles à la lecture, les déficiences du langage oral et écrit en identifiant les difficultés que peuvent rencontrer les
élèves ;
- de construire des séquences d’enseignement qui visent des objectifs de développement de l’expression orale et écrite des élèves ;
- de communiquer avec clarté et précision et dans un langage adapté à l’écrit comme à l’oral :
- avec les élèves, au cours des apprentissages (transmission des connaissances, organisation du travail en classe et du travail personnel
à fournir...) ;
- avec les parents, au cours des échanges personnalisés ou collectifs.

Attitudes
Le souci d’amener les élèves à maîtriser la langue conduit le professeur :
- à intégrer dans les différentes situations professionnelles l’objectif de maîtrise de la langue orale et écrite par les élèves ;
- à veiller dans toutes les situations d’enseignement ou éducatives au niveau de langue des élèves, à l’écrit et à l’oral.

3/ Maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale

Une bonne maîtrise des savoirs enseignés est la condition nécessaire de l’enseignement.
Le professeur a une connaissance approfondie et élargie de sa ou de ses disciplines et une maîtrise des questions inscrites aux programmes.
Il connaît les composantes du socle commun de connaissances et de compétences, les repères annuels de sa mise en oeuvre, ses paliers et ses modalités d’évaluation. Il aide les élèves à acquérir les compétences exigées en veillant à la cohérence de son projet avec celui que portent les autres enseignements.
Il possède aussi une solide culture générale qui lui permet de contribuer à la construction d’une culture commune des élèves. Il pratique au moins une langue vivante étrangère.

Connaissances
Le professeur des écoles connaît :
- les objectifs de l’école primaire et du collège ;
- les concepts et notions, les démarches et les méthodes dans chacun des champs disciplinaires enseignés à l’école primaire.
Le professeur des lycées et collèges :
- connaît les objectifs de l’école primaire, du collège et du lycée ;
- maîtrise l’ensemble des connaissances dans sa ou ses disciplines et élargit sa culture aux disciplines connexes ;
- situe sa ou ses disciplines, à travers son histoire, ses enjeux épistémologiques, ses problèmes didactiques et les débats qui la traversent.

Capacités
Le professeur des écoles est capable :
- d’organiser les divers enseignements en les articulant entre eux dans le cadre de la polyvalence ;
- de profiter de la polyvalence pour construire les apprentissages fondamentaux ;
- d’insérer dans les apprentissages les exercices spécifiques et systématiques pour développer les automatismes (lecture, écriture, calcul, grammaire, orthographe, éducation physique, etc.).
Le professeur du second degré est capable d’organiser l’enseignement de sa discipline en cohérence avec les autres enseignements.

Attitudes
La maîtrise scientifique et disciplinaire du professeur le conduit à :
- une attitude de rigueur scientifique ;
- à participer à la construction d’une culture commune des élèves.

4/ Concevoir et mettre en oeuvre son enseignement
Le professeur est un spécialiste de l’enseignement de sa ou de ses disciplines, c’est-à-dire qu’il est capable d’assurer, sur la durée d’une année scolaire, l’apprentissage effectif de ses élèves dans le cadre d’un enseignement collectif. Pour cela, il maîtrise la didactique de sa ou de ses disciplines, et il est capable de mettre en oeuvre des approches pluridisciplinaires ; il connaît les processus d’apprentissage et les obstacles que peuvent rencontrer les élèves et la manière d’y remédier ; il est capable d’élaborer des programmations et de répartir les apprentissages dans le temps. Il sait prendre en compte ce qui a été réalisé précédemment.
Le professeur peut être appelé à participer aux actions de formation continue des adultes et aux formations par apprentissage et être formé en conséquence.

Connaissances

Le professeur connaît :
- les objectifs à atteindre pour un niveau donné, dans le cadre de son enseignement ou de son domaine d’activité ;
- les programmes d’enseignement et documents d’accompagnement qui le concernent à tous les niveaux d’enseignement des premier et second degrés ;
- les fondements de la psychologie de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte, les processus d’apprentissage des élèves et les obstacles possibles à ces processus ;
- les différents supports et les outils (tableau, manuels, documents...) nécessaires à la conception et à la mise en oeuvre des apprentissages.

Capacités
Le professeur est capable :
- de définir des objectifs d’apprentissage à partir des références des textes officiels ;
- de raisonner en termes de compétences, c’est-à-dire déterminer les étapes nécessaires à l’acquisition progressive des connaissances, des capacités et des attitudes prescrites à partir des acquis et des besoins identifiés en mettant en oeuvre :
- une progression et une programmation sur l’année et sur le cycle ;
- une progression différenciée selon les niveaux des élèves ;
- de s’appuyer sur ses connaissances des processus d’apprentissage des élèves et de la psychologie de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte ;
- de prendre en compte les résultats des évaluations dans la construction d’une progression pédagogique ;
- d’intégrer dans son enseignement la prévention des risques professionnels.

Attitudes
Le professeur est conduit :
- à développer des approches pluridisciplinaires et transversales fondées sur les convergences et les complémentarités entre les disciplines :
- il construit des activités permettant d’acquérir la même compétence par le biais de plusieurs disciplines ;
- il met sa discipline au service de projets ou dispositifs pluridisciplinaires ;
- à apprécier la qualité des documents pédagogiques (manuels scolaires et livres du professeur associés, ressources documentaires, logiciels d’enseignement...).

5/ Organiser le travail de la classe
Le professeur sait faire progresser une classe aussi bien dans la maîtrise des connaissances, des capacités et des attitudes que dans le respect des règles de la vie en société ; ses exigences portent sur les comportements et il fait en sorte que les élèves attachent de la valeur au travail personnel et collectif.

Connaissances
Le professeur maîtrise des connaissances relatives à la gestion des groupes et des conflits.

Capacités
Le professeur est capable :
- de prendre en charge un groupe ou une classe, de faire face aux conflits, de développer la participation et la coopération entre élèves ;
- d’organiser l’espace de la classe et le temps scolaire en fonction des activités prévues ;
- d’organiser les différents moments d’une séquence ;
- d’adapter les formes d’interventions et de communication aux types de situations et d’activités prévues (postures, place, interventions, vérification des consignes, etc.).

Attitudes

Dans toute situation d’enseignement, le professeur veille à instaurer un cadre de travail permettant l’exercice serein des activités.

6/ Prendre en compte la diversité des élèves
Le professeur met en oeuvre les valeurs de la mixité, qu’il s’agisse du respect mutuel ou de l’égalité entre tous les élèves.
Il sait différencier son enseignement en fonction des besoins et des facultés des élèves, afin que chaque élève progresse. Il prend en compte les différents rythmes d’apprentissage, accompagne chaque élève, y compris les élèves à besoins particuliers. Il sait faire appel aux partenaires de l’école en tant que de besoin.
Il connaît les mécanismes de l’apprentissage dont la connaissance a été récemment renouvelée, notamment par les apports de la psychologie cognitive.
Il amène chaque élève à porter un regard positif sur l’autre et sur les différences dans le respect des valeurs et des règles communes républicaines.

Connaissances
Le professeur connaît :
- les éléments de sociologie et de psychologie lui permettant de tenir compte, dans le cadre de son enseignement, de la diversité des élèves et de leurs cultures ;
- les dispositifs éducatifs de la prise en charge de la difficulté scolaire et des élèves en situation de handicap.

Capacités
Le professeur est capable :
- de prendre en compte les rythmes d’apprentissage des élèves ;
- de déterminer, à partir des besoins identifiés, les étapes nécessaires à l’acquisition progressive des savoirs et des savoir-faire prescrits ;
- de mettre en oeuvre des dispositifs pédagogiques visant à adapter la progression à la diversité des élèves (pédagogie différenciée, programme personnalisé de réussite éducative) ;
- de participer à la conception d’un projet individualisé de scolarisation pour les élèves à besoins particuliers et les élèves handicapés.

Attitudes
Le professeur veille :
- à préserver l’égalité et l’équité entre élèves ;
- à ce que chaque élève porte un regard positif sur lui-même et sur l’autre.

7/ Evaluer les élèves
Le professeur sait évaluer la progression des apprentissages et le degré d’acquisition des compétences atteint par les élèves. Il utilise le résultat des évaluations pour adapter son enseignement aux progrès des élèves. Il fait comprendre aux élèves les principes d’évaluation et développe leurs capacités à évaluer leurs propres productions. Il communique et explique aux parents les résultats attendus et les résultats obtenus.

Connaissances
Le professeur connaît les différentes évaluations qu’il peut être amené à pratiquer (diagnostique, formative, sommative, certificative).

Capacités
Le professeur est capable :
- de comprendre les fonctions de l’évaluation ;
- de concevoir des évaluations aux différents moments de l’apprentissage, c’est-à-dire :
- définir le niveau d’exigence de l’évaluation ;
- adapter le support et le questionnement en référence aux objectifs et au type d’évaluation que l’on souhaite mener ;
- expliciter les consignes, guider les élèves dans la préparation de l’évaluation ;
- expliciter les critères de notation ;
- analyser les résultats constatés et déterminer les causes des erreurs ;
- concevoir des activités de remédiation et de consolidation des acquis (exercices d’entraînement, exercices de mémorisation oraux ou écrits, activités d’aide, de soutien et d’approfondissement, etc.) ;
- de développer les compétences des élèves dans le domaine de l’autoévaluation ;
- de pratiquer l’évaluation certificative (examens, contrôle en cours de formation, compétences linguistiques incluses dans le cadre européen commun de référence pour les langues...).

Attitudes
Le professeur pratique l’évaluation dans le cadre d’une relation claire et de confiance et pour cela :
- il mesure ses appréciations ;
- il valorise l’exercice et le travail personnel des élèves ;
- il veille à ce que chaque élève soit conscient de ses progrès, du travail et des efforts qu’il doit produire.

8/ Maîtriser les technologies de l’information et de la communication
Tout professeur est concerné par l’usage des outils propres à ces technologies et leur intégration dans les pratiques pédagogiques. Au sortir de sa formation professionnelle il doit avoir les compétences d’usage et de maîtrise raisonnée des technologies de l’information et de la communication dans sa pratique professionnelle.
Les connaissances et les capacités attendues sont celles du certificat informatique et internet de niveau 2 « enseignant », requis en fin de formation professionnelle. Il est intégré au dossier de compétences du professeur stagiaire.

Connaissances
Le professeur maîtrise :
- les connaissances explicitées dans le référentiel du C2I de niveau 2 « enseignant » ;
- les droits et devoirs liés aux usages des TIC.

Capacités
Le professeur est capable de :
- concevoir, préparer et mettre en oeuvre des contenus d’enseignement et des situations d’apprentissage ;
- participer à l’éducation aux droits et devoirs liés aux usages des technologies de l’information et de la communication
- s’impliquer dans l’éducation aux risques encourus dans l’utilisation des réseaux numériques ouverts sur l’internet ;
- utiliser les TIC et les outils de formation ouverte et à distance pour actualiser ses connaissances ;
- travailler en réseau avec les outils du travail collaboratif.

Attitudes
Le professeur observe une attitude :
- critique vis-à-vis de l’information disponible ;
- réfléchie et responsable dans l’utilisation des outils interactifs exigée des élèves.
Il actualise ses connaissances et compétences au cours de son exercice professionnel.

9/ Travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l’école
Le professeur participe à la vie de l’école ou de l’établissement. Il contribue également à la vie de l’institution scolaire à l’échelle de la circonscription du premier degré, du département, de l’académie ou même à celle du territoire national en participant à la formation initiale et continue des professeurs.
Il travaille avec les équipes éducatives de l’école et de ses classes ainsi qu’avec des enseignants de sa ou de ses disciplines. Le conseil des maîtres à l’école, le conseil pédagogique au collège ou au lycée constituent des instruments privilégiés du travail en équipe.
Le professeur coopère avec les parents et les partenaires de l’école.
Il aide l’élève à construire son projet d’orientation.

Connaissances
Le professeur connaît :
- le rôle et la fonction des associations de parents d’élèves ;
- les partenaires et les interlocuteurs extérieurs à l’école avec lesquels il est amené à travailler ;
- pour ce qui le concerne, les conventions et protocoles liant le ministère de l’éducation nationale à d’autres ministères ou organismes ;
- les dispositifs d’aide à l’insertion des élèves ;
- les procédures d’orientation et les différentes voies dans lesquelles les élèves peuvent s’engager.

Capacités
Le professeur est capable :
- d’inscrire sa pratique professionnelle dans l’action collective de l’école ou de l’établissement, notamment :
- dans le domaine de la programmation des enseignements ;
- dans le domaine de l’évaluation (supports et échelles d’évaluation harmonisés, livrets scolaires, bulletins trimestriels...) ;
- dans le domaine de l’orientation ;
- dans le domaine de l’aide et de l’insertion des élèves, en collaboration avec les autres personnels (professeurs principaux, conseillers principaux d’éducation, enseignants du réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED), personnels d’orientation et du secteur médico-social...) ;
- dans le domaine de l’éducation artistique et culturelle par la connaissance des principaux partenaires (professionnels et établissements relevant du ministère chargé de la culture, collectivités territoriales, associations) ;
- dans le domaine des partenariats éducatifs avec les services de l’Etat (culture, emploi, justice, police, environnement et développement durable, défense...) ;
- de communiquer avec les parents :
- en contribuant à l’établissement d’un dialogue constructif dans le but de les informer sur les objectifs de son enseignement ou de son activité, de rendre compte des évaluations dans un langage adapté, d’examiner les résultats, les aptitudes de leurs enfants, les difficultés constatées et les possibilités d’y remédier ;
- en mobilisant ses connaissances dans le domaine de l’orientation pour aider l’élève et ses parents dans l’élaboration d’un projet professionnel ;
- de contribuer, en coopérant avec des partenaires internes ou externes à l’institution, à la résolution des difficultés spécifiques des élèves dans le domaine de la santé, des comportements à risques et de la grande pauvreté ou de la maltraitance ;
- d’utiliser les possibilités offertes par les services éducatifs installés auprès des musées et autres institutions culturelles, notamment dans le cadre de l’éducation artistique et culturelle ;
- de favoriser l’engagement des parents dans la vie de l’établissement comme dans la valorisation des savoirs ;
- de s’impliquer dans des tâches de formation.

Attitudes
Le professeur observe, dans l’exercice de son activité professionnelle, une attitude favorisant le travail collectif, le dialogue avec les parents et la dimension partenariale.

10/ Se former et innover
Le professeur met à jour ses connaissances disciplinaires, didactiques et pédagogiques, il sait faire appel à ceux qui sont susceptibles de lui apporter aide ou conseil dans l’exercice de son métier.
Il est capable de faire une analyse critique de son travail et de modifier, le cas échéant, ses pratiques d’enseignement.

Connaissances
Le professeur connaît l’état de la recherche :
- dans sa discipline ;
- dans le domaine de la didactique, de la pédagogie et de la transmission de savoirs (processus d’apprentissage, didactique des disciplines, utilisation des technologie de l’information et de la communication...).
Le professeur connaît la politique éducative de la France.

Capacités
Le professeur est capable de tirer parti des apports de la recherche et des innovations pédagogiques pour actualiser ses connaissances et les exploiter dans sa pratique quotidienne.

Attitudes
Le professeur fait preuve de curiosité intellectuelle et sait remettre son enseignement et ses méthodes en question.
Il s’inscrit dans une logique de formation professionnelle tout au long de la vie."
Par Fromage Corse
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Commentaires

salut j'aimerais réagir sur cet article .

dans un premier temps je voulais dire qu'il est vrais que c'est stupide de former de enseignant parfait , pour des élèves parfait étant donné que les élèves parfaits n'existe pas .

ensuite en lisant un peut j'ai remarqué que beaucoup de chose qu'on dit mes prof tout au long de ma scolarité était des sous entendus de ce que tu vient de décrire il y a trop d'exemples pour que je puisse tous te les cité mais je me rappelle de mon prof de français (je sais pas si les professeur on les même modules )qui répétais qu'il nous apprenais a ne pas êtres d'accord avec les lois que l'on juge stupide et de ne pas hésité a nous révolté tant que la raison est justifier ...

j'aime bien ton blog mais si j'ai un tout petit truc a dire ce serais de mettre tes textes plus en évidence (gras , soulignez , barrer etc)

sinon bonne continuation ...
Commentaire n°1 posté par loiko le 24/09/2009 à 20h59

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